| leaffan ( @ 2008-04-22 08:54:00 |
Habs
Pourquoi ne suis-je pas surpris???
La Presse
Nouvelles générales, mardi 22 avril 2008, p. A2
LE CHOC DE LA VICTOIRE
De la joie aux débordements
Croteau, Martin; Journet, Paul; Duchesne, André
La joyeuse manifestation des milliers de partisans du Canadien à la suite de la victoire d'hier soir s'est transformée en casse et en affrontements avec
les policiers dans les rues du centre-ville.
Elle a atteint son paroxysme peu avant minuit alors que plusieurs voitures de police du SPVM ont été incendiées, dont l'une rue Bishop, à l'intersection
de Sainte-Catherine. Dans le même secteur, d'autres voitures de police ont été saccagées.
Vers 22h30, les policiers, débordés, ont fait appel à l'escouade antiémeute. Casqués et portant des boucliers, quelques dizaines de policiers ont avancé
rue Sainte-Catherine, en direction ouest. À la hauteur de la rue Crescent, ils sont arrivés vis-à-vis des centaines de partisans. Au début, ceux-ci ont
reculé sagement. Certains prenaient des photos avec leur téléphone cellulaire.
Mais les choses ont dégénéré quand des bouteilles ont été lancées. Ce qui ne faisait pas l'affaire de tous. Plusieurs partisans du Canadien huaient ceux
qui lançaient des projectiles. Des personnes ont été arrêtées. On a même vu la trace de gaz lacrymogène.
Le bilan de toute cette casse restera à faire aujourd'hui. Mais il reste qu'à minuit, en dépit du calme qui revenait peu à peu, la soirée de travail des
policiers était visiblement loin d'être terminée.
À l'intersection de Crescent et Sainte-Catherine, des voyous ont saccagé des voitures de police à coups de pied et d'objets de toutes sortes. Au coin de
Sainte-Catherine et Drummond, une épaisse fumée noire empêchait les gens de voir à 50 mètres devant eux. Il y avait des pompiers partout.
Célébrations
Plus tôt, rue De La Gauchetière, des milliers de partisans fous de joie avaient crié, hurlé, chanté à en perdre la voix. Dans les minutes suivant la sirène
qui annonçait la fin de la troisième période, un concert de klaxons s'est mis à se faire entendre dans les rues. On agitait les drapeaux, on tirait fièrement
sur le CH de son chandail. Boulevard René-Lévesque, quatre amateurs à bord d'une voiture décapotable ont profité d'un feu rouge pour grimper sur le capot
et faire quelques pas de danse avant de repartir.
Les amateurs des Bruins portant encore leur chandail à ce moment-là l'ont regretté. L'un d'eux, Patrick O'Connor, 18 ans, résidant de Boston et étudiant
à l'Université du Massachusetts, a tenté de traverser la foule massée devant le Centre Bell à la fin de la partie. Il a reçu un coup de poing sur le nez.
"Je crains qu'il ne soit cassé", a-t-il dit, dépité et la tête basse.
Va-t-il conserver un mauvais souvenir de Montréal lui a demandé La Presse.
"C'est correct. Nous avons aussi des trous de cul à Boston. Mais ça ne devrait pas être comme ça."
Benoit Mondor, un Montréalais qui a toujours pris pour les Bruins, portait lui aussi un chandail jaune et noir avec les mots "Habs Sucks" écrit dans le
dos. À sa sortie du Centre Bell, il a été pris en chasse par une horde de 50 amateurs qui l'ont invectivé, lui ont lancé de la bière et lui ont donné des
coups de pied.
"Je déteste les Canadiens, mais j'aime le hockey. Mais ce que je déteste vraiment, ce sont les fans qui agissent de cette façon et n'ont aucun respect pour
les adversaires,", a-t-il dit, frustré de leur comportement.
Pendant ce temps, au célèbre club de danseuses Chez Parée, on se préparait à une invasion de clients. "Tout ce monde-là s'en vient ici", a lancé une employée
du bar. Durant la partie, une poignée de clients jetaient de temps à autre un regard sur l'écran géant. Le son de la télé avait été coupé au profit d'une
musique R'n'B.
"Ça va être fou ce soir", a renchéri une serveuse de l'endroit.
Près du Centre Bell, le Montréalais Mario Dubé gueulait Go! Habs! Go! avec la foule. "J'ai vécu les victoires de la Coupe Stanley en 1986 et 1993 et ça
n'a jamais été malade de même, a-t-il indiqué. Craignant des débordements, il a ajouté: "Après tout, ce n'est que la première ronde."
Dans l'immense foule, un pauvre partisans des Bruins a vécu des minutes d'angoisse. Il a réussi à s'extraire des partisans du CH, perdant une chaussure
en chemin. Puis, la foule l'a happé à nouveau.
Durant le match
Dès le milieu de l'après-midi et toute la soirée, une ambiance électrique, folle, étourdissante a enveloppé le Centre Bell et ses abords. Les partisans
du Canadien, et quelques-uns des Bruins, ont très tôt envahi les rues et les espaces publics autour de l'amphithéâtre. Les bars des rues Peel, Drummond,
Sainte-Catherine et plusieurs autres étaient bondés.
Au début de la troisième période, environ 150 fans se pressaient contre les vitres du restaurant La Cage aux Sports du Centre Bell. Incapables d'entrer,
ils manifestaient tout de même bruyamment leur présence, criant Carey! Carey! Carey! à chaque arrêt du jeune gardien du Canadien.
Moins de cinq minutes avant la fin du match, deux amateurs des Bruins sont sortis du Centre Bell, visiblement convaincus que leur équipe s'en allait en
vacances. Ils ont été accueillis par des huées des amateurs.
Étudiante à l'Université Concordia, Constantina Exarhos a décidé de quitter la maison avec un de ses amis pour se rendre au Centre Bell à temps pour le
début de la troisième période. "Nous voulions absolument venir, a-t-elle dit. On voulait voir les visages des amateurs après la victoire du Canadien."
Encadré(s) :
Le grabuge
1 Coin McKay et Sainte-Catherine: vitrines fracassées
2 Coin Crescent et Sainte-Catherine: affrontements entre policiers et manifestants. Des bouteilles lancées
3 Coin Bishop-Sainte-Catherine: une voiture de police incendiée
4 Coin McKay-Sainte-Catherine: voitures de police incendiées
5 Coin Drummond-Sainte-Catherine: voitures de police saccagées
SUR CYBERPRESSE.CA
VIDÉO
Visionnez l'analyse de François Gagnon en vidéo sur cyberpresse.ca/sports
BLANCHARD
La chronique exclusive de Michel Blanchard sur cyberpresse.ca/blanchard
SÉRIES
Nos photos du match Bruins-Canadien et de l'après-match sur cyberpresse.ca/photoscanadien
Illustration(s) :
L'ambiance était à la fête après le troisième but du Canadien, à la Cage aux Sports du Centre Bell.
Les esprits se sont progressivement échauffés. Les policiers ont procédé à plusieurs arrestations, hier soir.
Plusieurs voitures de police du SPVM ont été incendiées.
Une véritable marée humaine a déferlé rue Sainte-Catherine.
[Image, tableau]
Catégorie : Actualités
Sujet(s) uniforme(s) : Sports et loisirs
Type(s) d'article : Graphique, tableau, etc.
Taille : Long, 757 mots
© 2008 La Presse. Tous droits réservés.
Doc. : news·20080422·LA·0005
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LE CHOC DE LA VICTOIRE
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Croteau, Martin; Journet, Paul; Duchesne, André
La joyeuse manifestation des milliers de partisans du Canadien à la suite de la victoire d'hier soir s'est transformée en casse et en affrontements avec
les policiers dans les rues du centre-ville.
Elle a atteint son paroxysme peu avant minuit alors que plusieurs voitures de police du SPVM ont été incendiées, dont l'une rue Bishop, à l'intersection
de Sainte-Catherine. Dans le même secteur, d'autres voitures de police ont été saccagées.
Vers 22h30, les policiers, débordés, ont fait appel à l'escouade antiémeute. Casqués et portant des boucliers, quelques dizaines de policiers ont avancé
rue Sainte-Catherine, en direction ouest. À la hauteur de la rue Crescent, ils sont arrivés vis-à-vis des centaines de partisans. Au début, ceux-ci ont
reculé sagement. Certains prenaient des photos avec leur téléphone cellulaire.
Mais les choses ont dégénéré quand des bouteilles ont été lancées. Ce qui ne faisait pas l'affaire de tous. Plusieurs partisans du Canadien huaient ceux
qui lançaient des projectiles. Des personnes ont été arrêtées. On a même vu la trace de gaz lacrymogène.
Le bilan de toute cette casse restera à faire aujourd'hui. Mais il reste qu'à minuit, en dépit du calme qui revenait peu à peu, la soirée de travail des
policiers était visiblement loin d'être terminée.
À l'intersection de Crescent et Sainte-Catherine, des voyous ont saccagé des voitures de police à coups de pied et d'objets de toutes sortes. Au coin de
Sainte-Catherine et Drummond, une épaisse fumée noire empêchait les gens de voir à 50 mètres devant eux. Il y avait des pompiers partout.
Célébrations
Plus tôt, rue De La Gauchetière, des milliers de partisans fous de joie avaient crié, hurlé, chanté à en perdre la voix. Dans les minutes suivant la sirène
qui annonçait la fin de la troisième période, un concert de klaxons s'est mis à se faire entendre dans les rues. On agitait les drapeaux, on tirait fièrement
sur le CH de son chandail. Boulevard René-Lévesque, quatre amateurs à bord d'une voiture décapotable ont profité d'un feu rouge pour grimper sur le capot
et faire quelques pas de danse avant de repartir.
Les amateurs des Bruins portant encore leur chandail à ce moment-là l'ont regretté. L'un d'eux, Patrick O'Connor, 18 ans, résidant de Boston et étudiant
à l'Université du Massachusetts, a tenté de traverser la foule massée devant le Centre Bell à la fin de la partie. Il a reçu un coup de poing sur le nez.
"Je crains qu'il ne soit cassé", a-t-il dit, dépité et la tête basse.
Va-t-il conserver un mauvais souvenir de Montréal lui a demandé La Presse.
"C'est correct. Nous avons aussi des trous de cul à Boston. Mais ça ne devrait pas être comme ça."
Benoit Mondor, un Montréalais qui a toujours pris pour les Bruins, portait lui aussi un chandail jaune et noir avec les mots "Habs Sucks" écrit dans le
dos. À sa sortie du Centre Bell, il a été pris en chasse par une horde de 50 amateurs qui l'ont invectivé, lui ont lancé de la bière et lui ont donné des
coups de pied.
"Je déteste les Canadiens, mais j'aime le hockey. Mais ce que je déteste vraiment, ce sont les fans qui agissent de cette façon et n'ont aucun respect pour
les adversaires,", a-t-il dit, frustré de leur comportement.
Pendant ce temps, au célèbre club de danseuses Chez Parée, on se préparait à une invasion de clients. "Tout ce monde-là s'en vient ici", a lancé une employée
du bar. Durant la partie, une poignée de clients jetaient de temps à autre un regard sur l'écran géant. Le son de la télé avait été coupé au profit d'une
musique R'n'B.
"Ça va être fou ce soir", a renchéri une serveuse de l'endroit.
Près du Centre Bell, le Montréalais Mario Dubé gueulait Go! Habs! Go! avec la foule. "J'ai vécu les victoires de la Coupe Stanley en 1986 et 1993 et ça
n'a jamais été malade de même, a-t-il indiqué. Craignant des débordements, il a ajouté: "Après tout, ce n'est que la première ronde."
Dans l'immense foule, un pauvre partisans des Bruins a vécu des minutes d'angoisse. Il a réussi à s'extraire des partisans du CH, perdant une chaussure
en chemin. Puis, la foule l'a happé à nouveau.
Durant le match
Dès le milieu de l'après-midi et toute la soirée, une ambiance électrique, folle, étourdissante a enveloppé le Centre Bell et ses abords. Les partisans
du Canadien, et quelques-uns des Bruins, ont très tôt envahi les rues et les espaces publics autour de l'amphithéâtre. Les bars des rues Peel, Drummond,
Sainte-Catherine et plusieurs autres étaient bondés.
Au début de la troisième période, environ 150 fans se pressaient contre les vitres du restaurant La Cage aux Sports du Centre Bell. Incapables d'entrer,
ils manifestaient tout de même bruyamment leur présence, criant Carey! Carey! Carey! à chaque arrêt du jeune gardien du Canadien.
Moins de cinq minutes avant la fin du match, deux amateurs des Bruins sont sortis du Centre Bell, visiblement convaincus que leur équipe s'en allait en
vacances. Ils ont été accueillis par des huées des amateurs.
Étudiante à l'Université Concordia, Constantina Exarhos a décidé de quitter la maison avec un de ses amis pour se rendre au Centre Bell à temps pour le
début de la troisième période. "Nous voulions absolument venir, a-t-elle dit. On voulait voir les visages des amateurs après la victoire du Canadien."
Encadré(s) :
Le grabuge
1 Coin McKay et Sainte-Catherine: vitrines fracassées
2 Coin Crescent et Sainte-Catherine: affrontements entre policiers et manifestants. Des bouteilles lancées
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5 Coin Drummond-Sainte-Catherine: voitures de police saccagées
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L'ambiance était à la fête après le troisième but du Canadien, à la Cage aux Sports du Centre Bell.
Les esprits se sont progressivement échauffés. Les policiers ont procédé à plusieurs arrestations, hier soir.
Plusieurs voitures de police du SPVM ont été incendiées.
Une véritable marée humaine a déferlé rue Sainte-Catherine.
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